La Brigade de Recherches de la Gendarmerie de Dakar a réalisé un coup de filet important en mettant fin aux activités d’un réseau de fraudeurs internationaux qui occasionnait des pertes majeures à l’économie sénégalaise.
Six ressortissants étrangers ont été interpellés à Ngor alors qu’ils exploitaient un système frauduleux de type SIMBOX. Ce dispositif illégal, permet de contourner les frais internationaux en interceptant des SMS et appels envoyés depuis l’étranger via Internet pour les réinjecter ensuite dans le réseau sénégalais à l’aide de cartes SIM locales. Pour les opérateurs comme la SONATEL, ici1fo.com apprend que ces communications apparaissent alors comme totalement locales, ce qui leur fait perdre les frais d’interconnexion internationale habituellement facturés.
L’intervention de la Gendarmerie a permis la saisie d’un important lot de matériel. Les forces de l’ordre ont récupéré plusieurs boîtiers SIMBOX capables de gérer des centaines de cartes SIM en même temps, ainsi que du matériel informatique comprenant des routeurs, des serveurs et des onduleurs. Des centaines de cartes SIM locales prépayées et des registres de suivi du trafic ont également été saisis.
Cette fraude cause un préjudice considérable à plusieurs niveaux. La SONATEL estime ses pertes annuelles liées aux SIMBOX à plusieurs milliards de francs CFA, et l’État perd par la même occasion les taxes et redevances sur les communications internationales. Par ailleurs, ces boîtiers saturent les antennes-relais locales et dégradent la qualité du réseau pour les usagers légitimes. Enfin, ces mêmes installations sont régulièrement utilisées pour diffuser massivement des SMS d’arnaque ou de phishing de manière quasi intraçable.
Pour lutter contre ce phénomène, la SONATEL et l’ARTP utilisent des algorithmes qui détectent les comportements anormaux, comme une carte SIM qui émettrait des milliers de SMS en une nuit. Les fraudeurs tentent néanmoins de s’adapter en changeant fréquemment de puces et en déplaçant leurs installations.
Au Sénégal, la fraude sur les réseaux de télécommunications est un délit sévèrement puni par le Code des communications électroniques, avec des peines pouvant aller de cinq à dix ans de prison assorties de lourdes amendes. Cette arrestation rappelle que la lutte contre la cybercriminalité et la fraude aux télécoms reste une priorité nationale pour la Gendarmerie.
Mohamed El Bachir à Dakar pour ICI1FO





















