Les chefs de villages, de tribus et de cantons de Diabo et de Languibonou ont publié samedi un droit de réponse au communiqué diffusé le samedi 04 juin par le Ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan. Le texte dont ici1fo.com a reçu copie, vise à préciser la position des autorités coutumières après la motion de protestation qu’elles avaient adressée à la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels.
Une démarche « fondée sur des faits »
Dans leur déclaration, les signataires assurent n’avoir « adressé aucune injure ni manqué de respect ». Ils rappellent que leur intervention s’appuie sur l’article 8 de la loi organique n°2020-942 du 25 novembre 2020, qui reconnaît à chaque canton la souveraineté dans la désignation de ses chefs. Pour eux, « alerter la Chambre nationale et l’opinion quand ces règles sont violées relève de la responsabilité coutumière ».
Légalité et rôle du représentant régional
Le collectif estime que la nomination par décret présidentiel « confère une responsabilité » mais « ne donne pas le droit de violer les us et coutumes ni de s’immiscer dans les affaires internes d’autres cantons ». Il considère que le représentant régional de la Chambre doit garantir « le respect des textes et des traditions, pour tous les cantons du Gbêkê, sans exception ».
Dialogue préalable et recours aux réseaux sociaux
Les chefs indiquent avoir d’abord « privilégié le dialogue ». Une délégation a rencontré la famille de Nanan N’Goran Koffi II pour l’interpeller. « Faute d’écoute et devant la persistance des ingérences », la Chambre nationale a été saisie par écrit. Selon le texte, « les réseaux sociaux ne sont que l’écho de notre désespoir face à l’inaction ». Le communiqué cite un adage : « Quand la maison brûle, on crie pour alerter le village ».
Appel à l’unité conditionné au respect des règles
Tout en affirmant partager « l’appel à l’unité et à la paix » lancé par le Ministre, les autorités coutumières soulignent que « l’unité se construit sur le respect des règles, la justice et la vérité ». Elles estiment que « on ne préserve pas la cohésion en étouffant les voix de ceux qui subissent l’injustice ».
Demande de médiation
En conclusion, les chefs réaffirment leur « attachement à la République, à ses institutions et à la paix ». Ils demandent au Ministre Jacques Assahoré Konan, présenté comme « fils Gblo », de « se faire l’avocat du dialogue et du respect de l’article 8 ». Le collectif se dit « ouvert à toute concertation, sous l’égide des autorités administratives et de la Chambre nationale ».
Le document est signé à Diabo par Nanan Houphouët Kouadio Célestin, chef de Saya et vice-président du Collectif des chefs de villages, en qualité de porte-parole des chefs de villages et de cantons de Diabo et de Languibonou.
Christ Yoann pour ICI1FO





















