La décision fait grand bruit au Nigéria et relance un débat qui dépasse les frontières du pays. La Haute Cour de Calabar, dans l’État de Cross River, a condamné à la peine de mort par pendaison Ubong Bassey Etim, un pasteur de 51 ans reconnu coupable du meurtre de sa propre fille, Deborah Bassey, âgée de 16 ans et atteinte du syndrome de Down (trisomie 21).
Selon les éléments retenus par la justice, ici1fo.com apprend que l’adolescente avait été accusée par son père d’être une sorcière. Une accusation infondée qui s’est soldée par un drame : le 15 février 2025, la jeune fille a été tuée à leur domicile de Calabar.
Après plusieurs mois d’enquête et de procédure, le tribunal, présidé par la juge Blessing Egwu, a estimé que les preuves présentées par l’accusation établissaient sans équivoque la culpabilité du pasteur. Il a été condamné à la peine capitale par pendaison.
Une décision saluée par les défenseurs des droits de l’enfant
L’affaire avait profondément choqué l’opinion publique nigériane.
Plusieurs organisations de défense des droits humains, parmi lesquelles la Basic Rights Counsel Initiative (BRCI), ont salué un jugement qualifié de « victoire historique » contre les accusations de sorcellerie visant les enfants.
Pour ces organisations, cette condamnation envoie un message clair : aucune croyance religieuse ou traditionnelle ne peut justifier des violences contre des enfants, encore moins contre ceux vivant avec un handicap.
Chaque année, dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, des enfants sont encore victimes d’accusations de sorcellerie. Les personnes vivant avec un handicap, notamment celles atteintes de trisomie 21, d’autisme ou d’autres déficiences intellectuelles, figurent parmi les plus exposées à ces stigmatisations.
Aïdara Noureni à Abuja pour ICI1FO




















