Les mouvements March and March et Insizwa Ngobunsizwa tiennent bon. Depuis décembre 2025, ici1fo.com apprend qu'ils donnent six mois aux étrangers sans papiers pour quitter l’Afrique du Sud. L’échéance est fixée au 30 juin 2026. L’ultimatum n’a aucun poids légal, mais il alimente la peur dans les townships de Johannesburg, Durban et Le Cap.
Le climat s’est durci ces dernières semaines. Des groupes armés de bâtons font du porte-à-porte pour contrôler les documents. Des spaza shops tenus par des étrangers ont été pillés. À Durban, plus de 2 000 Malawians se sont réfugiés dans le hall Sherwood, terrés par crainte de représailles. Des ambassades organisent des rapatriements volontaires. Plus de 2 400 personnes seraient déjà rentrées.
Les leaders du mouvement sont omniprésents. Jacinta Ngobese-Zuma, figure de March and March, enchaîne les meetings avec le MK Party. Elle ordonne à ses troupes de rester pacifiques : "Il n’y a personne que je demande de piller. Il n’y a personne que vous devez battre". Nkosikhona Ndabandaba, alias "Phakel’umthakathi", présente le 30 juin comme un outil de pression pour forcer Pretoria à rouvrir le dossier de l’immigration.
Le gouvernement rejette l’ultimatum en bloc. La ministre de la Justice Mmamoloko Kubayi l’a martelé devant les réfugiés de Durban : seule Home Affairs peut expulser, et seulement après vérification du statut. "On ne peut pas assumer que tout le monde ici est illégal", a-t-elle rappelé. La Constitution sud-africaine garantit l’accès aux soins et à l’école, même aux sans-papiers.
La police est en mode surveillance renforcée. Le 25 mai, les ministres de la Justice, de la Défense et de la Sécurité ont tenu une réunion d’urgence pour finaliser un plan anti-xénophobie. Le "security cluster" suit les risques via un comité interministériel. Le message est clair : manifester oui, violences non. L’ANC a aussi activé sa diplomatie et reçu la Haute-Commissaire du Mozambique pour éviter une crise régionale.
Le fond du problème reste économique. Chômage à plus de 30%, hôpitaux saturés, criminalité en hausse. Beaucoup de Sud-Africains accusent les migrants de saturer les services publics et d’accepter des salaires au rabais. Les entreprises sont pointées du doigt pour cette main-d’œuvre bon marché.
Le 30 juin fait ressurgir les fantômes de 2008, 2015 et 2016. Des années marquées par des vagues de violences xénophobes avec des dizaines de morts. Pour l’instant, l’État mise sur le dialogue et l’application de la loi. Dans les rues, le compte à rebours tourne.
Pierre le Blanc pour ICI1FO




















