Ce mardi 09 juin 2026 au campus 2 de l’Université Alassane Ouattara (UAO)de Bouaké, universitaires et chercheurs se sont réunis pour une table ronde scientifique autour d’une question brûlante : « Solidarité : une arlésienne pour le citoyen africain ? ». Organisée par la Cellule d’Animation Scientifique et Culturelle du Département de Philosophie, la rencontre s’est tenue à la Chaire UNESCO de Bioéthique et a été animée par le Professeur Kouassi Yao Edmond.
En ouverture, le Professeur Traoré Grégoire, Chef du Département de Philosophie, a rappelé que la solidarité est un pilier des sociétés africaines. Transmise par la tradition orale, elle prend forme dans les tontines, les cotisations communautaires, le partage lors des fêtes ou l’appui financier des diasporas. Mais face à l’individualisme, au repli identitaire et à la mondialisation libérale, il interroge : la solidarité reste-t-elle un véritable filet de protection sociale ou n’est-elle plus qu’un slogan politique ?
Pour le Dr Koné Ange Allassane, Maître-Assistant à l’UAO et Président du Comité d’Organisation, l’urgence est double. D’abord, promouvoir la solidarité dans un contexte de crises et de montée de l’égoïsme : « Cette valeur doit être enseignée pour lutter contre l’égocentrisme qui fragilise le vivre-ensemble ». Ensuite, renouer avec l’ancrage africain de la solidarité. Il cite l’arbre à palabres, espace traditionnel de consensus, et plaide pour actualiser ces mécanismes de médiation. Il précise toutefois qu’unité et solidarité ne se confondent pas : une société peut être unie sans être solidaire.
Animateur des échanges, le Professeur Kouassi Yao Edmond défend la pertinence contemporaine de la solidarité traditionnelle africaine. En s’appuyant sur Robert Castel et Léon Bourgeois, il estime que certaines pratiques doivent évoluer, mais que l’entraide et la mutualisation des efforts restent essentielles. Il évoque les travaux agricoles communautaires basés sur la rotation, et la forte mobilisation collective observée lors de décès ou de drames. Pour lui, ces formes de solidarité populaire devraient être relayées par une « solidarité républicaine » plus structurée, portée par l’État moderne.
Christ Yoann pour ICI1FO


















